Pourquoi les "petits" partis se présentent aux législatives ?
Pourquoi y-a-t-il sur notre circonscription autant de candidats ? 17 pour exact !
(Pour la liste voir : Législatives 2012 (Essonne) : les candidats dans la 5e circonscription )
Soyons honnête ! Tous les candidats et tous les partis qu'ils représentent n'espèrent pas forcément être élus à l'Assemblée Nationale compte tenu de la sociologie des circonscriptions, de l'implantation des candidats etc.
Non pour une bonne partie, ce n'est pas la défense du citoyen ou d'idées qui les motivent (d'ailleurs vous aurez certainement rencontré très peu d'entre eux sur les marchés, lors de réunions, certains étant même non domicilié sur la circonscription) c'est pour des raisons financières !
C'est en effet sur le nombre de voix recueillis lors des élections législatives qu'est calculée la dotation financière des partis politiques. Cette dotation est renouvelée pendant cinq ans.
En 2012, cela correspond à 71 M€, qui est réparti entre 331 formations politiques
Une première part, d'environ 33 M€, est attribuée en fonction du nombre de voix obtenues. Seule condition imposée aux partis : avoir recueilli plus de 1% des suffrages dans 50 circonscriptions au minimum, ce qui exclut les formations politiques ultra locales ou fantaisistes comme par le passé. Le montant de l’aide correspond à : 1,70 € par voix. A cela il faut tenir compte bien évidement de la règlementation électorale notamment la parité.
Imaginez la manne financière que cela peut représenter pour les partis qui ne comptent pas de parlementaires, c’est le seul financement public !
Des exemples ?
- Lutte ouvrière (L.O.) : représenté chez nous par Didier Paxon, avait obtenu 218233 voix en 2007 et n’a pas d’élu à l’Assemblée, percevra cette année 347 410 €.
- Le Nouveau Parti anticapitaliste (N.P.A.) : représenté par Angélique Grosmaire, percevait 851 147 euro de son côté.
- On pourrait rajouter à cette liste le Parti Ouvrier Indépendant (P.O.I.), l'Alliance écologiste indépendante (A.E.I.) pour les partis n'ayant pas d'élus.
La seconde part d’aide publique, d’environ 38 M€, est attribuée aux partis en fonction du nombre de parlementaires (députés et sénateurs) qui s’en réclament.
Cette année, par exemple, le Parti Socialiste qui compte 311 élus au Parlement va percevoir 13,13 M€, ce qui correspond à 42200 € par élu. Pour le Parti Socialiste, cette somme s’ajoute aux 9,75 M€ engrangés grâce aux voix obtenues aux législatives de juin 2007. Au total, le parti de Martine Aubry et François Hollande peut donc compter sur un peu plus de 22,88 M€, largement plus le montant des cotisations qu’il récolte chaque année auprès de ses adhérents !
En conclusion : pour les petits partis politiques votre bulletin ce n'est pas forcément une voix mais une somme d'argent sonnante et trébuchante ! Reste à savoir si ce dernier aspect les désintéresse vraiment !
De l'argent du contribuable pour des partis qui ne les représente pas ! Intéressant débat en perspective pour la future Assemblée Nationale.