Le PS et François Hollande ont-ils intérêt à affaiblir le FN et aider les classes populaires ?

Publié le par Petrus

    Rappelons quelques éléments pour mieux comprendre la position du Parti Socialiste vis-à-vis du Front National.

 

    1) Le refus de discuter avec le Front National

    Le 6 juin 2012 François Hollande a refusé de recevoir Marine le Pen, dirigeante du Front National à l'Elysée. Comment analyser cette attitude ?

 

Réaction de Philippe Bilger, magistrat et avocat général près la Cour d'appel de Paris lors d'une interview : "Le problème n’est pas d’inviter ou pas Marine Le Pen, mais de ne pas exclure son électorat qui est tout de même considérable. Lors de la campagne, notamment avant le deuxième tour, il s’est adressé à l’électorat du FN en tentant de le ramener vers la gauche. François Hollande avait su jusqu’à maintenant concilier la fermeté sur les principes avec une sorte de « normalité » dans le dialogue politique. Il avait d’ailleurs reconnu que Marine Le Pen avait le droit de se présenter aux élections et qu’il fallait en tenir compte. "

Pourtant François Hollande a reçu Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche ? Peut-on parler de deux poids deux mesures ?

"C’est dommage par rapport à l’équité républicaine qu’il avait manifesté jusque là. Quelle que soit l’hostilité que l’on peut avoir à l’égard des idées du FN, les 18% d’électeurs de Marine Le Pen méritaient d’être pris en considération.

 Si on considère que le FN n’est pas républicain, il faudra démontrer pourquoi et l’interdire". 

 

 

    2) C'est le meilleur ennemi du Parti Socialiste

   Le PS a besoin du Front National pour affaiblir la droite et les idées de droite (immigration, droit de vote des étrangers, thèmes sociétaux (mariage homosexuels etc.). Rappelons qu'en 1986, François Mitterrand met en place la proportionnelle lors des élections législatives permettant opportunément au PS d'atténuer une défaite programmée face à la droite.

 

     3) L'appel au "Front Républicain" du PS n'est jamais respecté par le PS lui-même mais il s'en sert toujours comme repoussoir face à la droite

 

      Le « front républicain » mis en avant par Martine Aubry (qui ne concerne dans les faits aucune circonscription !), l’éternelle accusation de « compromission » de la droite avec le FN,  ne sont que de pures stratégies politiciennes. La seule fois où le PS – et on doit lui rendre cet hommage - a pratiqué un vrai « front républicain », c’était en 2002. Le même esprit voudrait que le PS retire toutes les candidatures socialistes, là où l’UMP est en tête – et réciproquement- en cas de triangulaires avec le FN. Ce n’est nullement le cas.

Et sur le plan moral, l’UMP n’a pas tort de souligner que l’alliance électorale du PS et du Front de gauche n’a rien d’irréprochable, compte tenu des positions de ce dernier, qu’il faut bien qualifier de liberticides : en matière économique, mais aussi en matière de médias et de justice.

 

La candidate des Ulis, Maud Olivier, dans son tract de l'entre deux tour dénonce clairement cette préoccupation des politiques sur les électeurs de Pierre Guillermain et du FN : "Face au Front National, pas de faux semblant ou d'hésitation possible : on ne peut pas transiger" et dénonce un pseudo rapprochement de l'UMP et du FN. Les électeurs qui ont voté Pierre Guillermain apprécieront de voir comment Maud Olivier a peu d'estime pour ce qu'ils ont exprimés au 1er tour le 10 juin 2012.

 

 

 

    4) Les politiques de gauche ne visent pas les classes populaires ni n'améliorent leur sort. 

    Le PS n'a pas d'intérêt politique à améliorer de façon importante le sort des classes populaires pour éviter une dispersion des voix de ces catégories du bloc FN vers la droite et pour garder éventuellement un stock de voix sur l'extrême gauche (FDG).

   En effet, perdre un électorat populaire qui connaîtrait une ascension sociale et économique c'est prendre le risque pour la gauche de perdre à la fois un électorat possible et un pouvoir de nuisance sur la droite. Voilà à quoi se résume les préoccupations de la gauche.

   L'ensemble des mesures prises dans les régions, les départements, les villes dirigées par les socialistes ont-elles résolu les problèmes des classes populaires ?! La délinquance a-t-elle diminué aux Ulis ? Les Ulisiens se sentent-ils davantage en sécurité ? Les classes populaires ont-elles vu leur sort s'améliorer sur l'ensemble de notre circonscription pourtant très à gauche (Orsay, Les Ulis, Viliers le Bacle, la CAPS dirigé par François Lamy...).

 

 

 

   Au final la question qui se pose c'est de savoir si les électeurs du Front National sont des pestiférés, des non-électeurs ou bien les oubliés de la politique et notamment de la gauche ?

 

 

 

 

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Publié dans Politique nationale

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