François Hollande : un président extraordinairement normal
Rien d'extraordinaire chez François Hollande ! Après tout, ce n'est que ce qu'il répète sans cesse et quoi de plus normal ! Mais voilà dans le registre de la normalité le président de la République Française est hors catégorie.
Les Français sont attachés au statut et à la fonction présidentielle, une légitimité nationale en découle, une vieille passion française qui s'inscrit dans la tradition bonapartiste.
Or François Hollande depuis le début de son mandat s'inscrit davantage dans le registre de la normalité, de M. Toutlemonde que dans celui du président de la République Française :
Quelques exemples :
1. L'image médiatique :
Une apparition "au milieu du journal habituel" de France 2 le mardi 29 mai plutôt qu'à l'Elysée, encore une normalisation et banalisation de la fonction du chef de l'Etat. François Hollande se déplace plutôt que de recevoir sur les lieux du pouvoir, soit ! comme si le président de la République était un homme normal. Comme il l'avait fait durant la campagne présidentielle, François Hollande a joué à fond du registre d'une "normalité" à tel point que l'on pouvait se poser la question de savoir s'il s'agissait du candidat Hollande qui parlait plutôt que d'un président de la République. On est loin de l'image monarchique donné par François Mitterand ou de l'hyperprésence de Nicolas Sarkozy.
2. Les déplacements de François Hollande :
En train, voiture, à pied. François Hollande a insisté sur sa volonté de "faire simple". Ce qui est plus couteux pour le chef de l'Etat au final car il faut tenir à sa disposition des avions pour le retour sans compter le coût pour la sécurité sur l'ensemble du trajet. Exemple quand il s'est rendu à Bruxelles en train et est revenu en voiture (on peut imaginer que cette voiture plus l'escorte qui l'a raccompagné, elle n'est pas venu en train et donc parti à vide, niveau écologique et "simple" on a vu mieux).
3. Le portrait officiel :

Le potrait officiel de François Hollande par le photographe Raymond Depardon qui n'est pas sans rappeler celui de Jacques Chirac.
Quelques ressemblances
- A l'extérieur dans les jardins de l'Elysée.
- L'Elysée à l'arrière plan
- Un drapeau français lointain dans les deux cas, qui ne flotte pas pour François Hollande à la différence du drapeau de Jacques Chirac qui semble flotter plus fièrement, en berne diront certain dans le cas de François Hollande.
Mais aussi beaucoup de différences
- La présence du drapeau européen, tombant, à l'image de l'Europe et la crise actuelle ?
- François Hollande semble moins assuré que Jacques Chirac, pris sur le vif, comme s'il ne s'y attendait pas, en mouvement mais à la fois immobile, un léger sourire mais crispé, à chaque fois une absence de choix entre deux attitudes, un homme qui semble seul dans ce grand parc
- Quelques éléments de verdure qui tranche avec l'Elysée qui semble lointain.
- François Hollande semble petit sur cette photographie officielle surtout si on la compare à la stature de Jacques Chirac. La posture présidentielle semble moins évidente.
Au final la photographie d'un homme politique qui se ballade dans le parc de l'Elysée, pas forcément de l'hôte de l'Elysée. Un portrait qui ne restera pas dans les mémoires de la communication politique.
Quelques portraits qui donne une réelle impression présidentielle outre celui de Jacques Chirac :

Dans les deux cas un regard vers l'avant, la présence du drapeau français très visible, montre une certaine fierté d'appartenir à ce pays et de servir la nation. Pour Nicolas Sarkozy l'importance du drapeau européen (seul président à l'avoir mis en avant), un rappel sur la bibliothèque, la connaissance comme pour le portrait de Mitterand. Des hommes droits, sûrs d'eux, déterminés.
Les portraits de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou sont dans une symbolique différente avec la la croix de grand maître de la légion d'honneur. Quant à Mitterand qui invite dans sa bibliothèque on admettra que cela ne donnait pas l'image d'un président. La gauche aurait-elle du mal à admettre ce statut ?
En conclusion le portrait de François Hollande ne donne pas l'impression d'un homme déterminé, mais pris sur le vif qui ne semble pas savoir l'attitude choisir.
Nous le répétons et l'affirmons fort, la fonction du chef de l'Etat n'est pas "banale", ni "normale" il y a une légitimité, celle reçue par le peuple, qui ne veut pas être représenté par M. Toutlemonde mais par un chef de l'Etat qui soit respecté. et sûr de lui.
Au fond de nous-mêmes, c’est le présidentialisme que nous préférons. Nous voulons un homme fort, ou une dame de fer, bref un chef, un leader charismatique qui nous conduit vers l’avenir. Sauf qu’aujourd’hui, l’heure est plutôt à la « normalité », un peu morne...