La gestion catastrophique de la communauté d'agglomération

Publié le par Durandal

Après un été très calme sur le blog, nous allons reprendre un rythme un peu plus dynamique, avec un premier article de Durandal (que je remercie ici pour sa contribution) sur la CAPS et sa gestion.

   Les communautés d'agglomération sont censées apporter des bienfaits aux communes qui se regroupent pour les former. Le principe est plutôt simple : créer une union entre communes pour baisser les coûts, surtout ceux d'équipements lourds que chaque petite ville ne peut se permettre individuellement. Dans la grande majorité des cas, le mécanisme fonctionne à merveille. Malheureusement, dans le cas de la Communauté d'agglomération du Plateau de Saclay (CAPS), le bilan est largement insatisfaisant.

    C'est d'abord la gestion de cette structure qui pose problème : au fil des années, la CAPS est devenue une nouvelle administration publique dont la raison d'être est la bureaucratie pour la bureaucratie. Cela se traduit par un enflement des effectifs de cette administration, composée en bonne partie de fonctionnaires de catégorie A, les plus coûteux. Ils sont actuellement plusieurs centaines dont les postes ne sont pas issus de transferts de compétences, cela veut dire qu'il s'agit de créations de postes nettes, donc de nouvelles sources de dépenses pour la communauté. Dans son débat d'orientation budgétaire, la CAPS admet que même pour l'entretien des voiries qui relèvent de ses compétences, aucun transfert d'agents n'a été effectué, et a donc recruté des agents qui de fait, font doublons par rapport aux communes. Dès lors, la pertinence même de l'existence de la CAPS est posée, si elle n'engendre aucune baisse de coûts pour la collectivité, mais au contraire des charges supplémentaires. L'explosion des coûts de personnel se traduit de façon cinglante dans les finances de la CAPS : alors qu'elle bénéficie de la taxe professionnelles de zones d'activité dynamiques, ses charges de fonctionnement courant ont augmenté bien plus vite que les produits, faisant passer l'excédent brut courant d'un montant positif de 2,3 millions d'euros en 2003 à un montant négatif de plus de 200 000 euros en 2006.

   Si les dépenses de la CAPS échappent à tout contrôle, cela ne se traduit pas pour autant par une meilleure qualité de service. En effet, les services techniques de la CAPS se distinguent par leur lenteur, conséquence de l'inflation procédurière qui règne dans cette administration. Mais les dépenses de la CAPS n'ont pas toutes pour objectif de servir les habitants des communes qui la composent. Dans sa quête pour trouver une justification à son existence, la CAPS a décidé de se lancer dans une communication tous azimuts, aussi coûteuse que sans résultats. Ainsi, la partie "charges à caractère général" de la CAPS est suffisamment floue pour abriter les dépenses non négligeables relevant de sa communication. Il s'agit d'un magazine créé spécialement pour la CAPS, qui s'ajoute à ceux des communes et du conseil général, mais aussi de la rénovation de son site internet, élevée au rang d'objectif prioritaire alors que les choix réalisés sont coûteux par rapport à ce qu'il se fait, et que le processus dure depuis des années. Et surtout, on se rend compte de la non maîtrise des dépenses de la CAPS en constatant qu'elle a fait imprimer un calendrier en couleur estampillée "CAPS" en janvier 2007, distribué dans tous les foyers de la communauté en février, alors que l'année concernée était déjà bien entamée. L'utilité de l'opération est nulle, alors que la dépense est conséquente. Au bout du compte, la CAPS doit avouer "un résultat courant négatif d'environ 700 000 euros dégagé par son budget principal".

   Comment en est-on arrivé là ?  Il s'agit, il faut le dire, du résultat de la gestion désastreuse du président de la CAPS, François Lamy, qui est aussi maire de Palaiseau et député de cette même ville. Il semble être décidé à se créer une administration dédiée à sa gloire (la CAPS étant de façon fort opportune localisée à Palaiseau), et n'hésite pas à se servir des pouvoirs que lui confèrent son titre pour régler ses comptes politiques dans le département. Peu importe, dès lors, l'exigence de gestion rigoureuse, car l'explosion du nombre d'employés de la CAPS lui permet d'augmenter son importance en devenant le responsable d'une grosse administration. Inquiétés par ce n'importe-quoi budgétaire, (http://www.reussir-palaiseau.org/index.php?option=com_content&task=view&id=116&Itemid=57">nombreuses) personnes commencent à s'inquiéter des conséquences qui en découleront. Pour échapper à la faillite, la CAPS pourrait être obligée de créer un nouvel impôt, qui cette fois-ci viserait les habitants de la communauté d'agglomération. Dans la réponse qu'il fait dans éditorial dans son magazine de la CAPS, François Lamy déclare qu'un tel impôt ne sera pas levé avant les prochaines élections municipales, où ses postes de maires et de président de la CAPS seront remis en cause, mais ne rejette pas l'éventualité pour la suite.

   Pour éviter d'en arriver à une telle extrémité, il devient urgent de changer les méthodes de gestion de la CAPS, et pour cela il faut en changer le président. Cela se fera aux municipales, où il faudra garder cet objectif en tête au moment du vote, en fonction du soutien apporté ou non par telle ou telle liste au maintien de François Lamy à son poste. Alors que les critiques sur la gestion de celui-ci se font de plus en plus vives, il déclare que ces critiques "prouvent que le travail mené par la CAPS dérange, et donc [le] conforte dans le chemin à suivre" (magazine de la CAPS de septembre 2006). Mais alors qu'une communauté d'agglomération est censée fonctionner dans une optique d'union, et donc de consensus, comment le responsable de l'une d'entre elle peut vouloir poursuivre dans l'objectif qui est de gêner les villes qui la composent, et les habitants qui y habitent ?

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Je vous informe de l'existence du site de l'union pour palaiseau  sur lequel vous trouverez la position des élus de l'opposition municipale de Palaiseau (UMP, ex UDF et non inscrits) sur differents sujets :  finances de Palaiseau, de la CAPS, OIN, PLU de PALAISEAU, SDRIF, etc. Nous vous autorisons bien évidemment à faire les liens vers notre site. De plus, je vous remercie de me donner une adresse email afin de vous intégrer à ma liste de diffusion.cordialement Dominique Poulain
Répondre