Sociologie de la 5e circconscription de l'Essonne
Un article intéressant du Parisien qui décrit notre circonscription et ses habitants, assez révélateur du tissu sociologique et politique par ailleurs.
"C'EST LA PLUS PETITE circonscription de l'Essonne au regard du nombre d'habitants. C'est pourtant peut-être la plus hétérogène. Car au-delà des aléas de la cartographie administrative, quel point commun existe-t-il entre Gif-sur-Yvette et Les-Ulis", les deux poids lourds du nord-ouest de l'Essonne ? Cette question, beaucoup d'habitants du secteur se la posent".
« C'est sûr, dès qu'on descend sur Orsay ou Bures, c'est un autre univers, glisse Céline, 38 ans dont dix aux Ulis. Il y a de plus en plus de mixité, mais seulement sur la ville. Dans mon immeuble, c'est désormais 50-50 avec les familles africaines. Du coup, les fêtes entre voisins, c'est opération saveurs du monde. Cela étant, il faudrait que cette mixité se fasse à l'échelle du bassin. » Ce vendredi matin aux Ulis, le marché se donne des airs de tour de Babel. Les « Salam ! » s'entremêlent aux « comment va ? ». Ambiance village : au détour des stands, on demande des nouvelles des anciens ou l'on pince malicieusement la joue du petit dernier. « Maintenant, c'est toujours pareil, s'agace Jean-Claude, qui habite les Hautes-Plaines. Dans le coin, c'est chaque commune qui défend son bifteck. C'est comme ça qu'on fait des ghettos. » « De toute façon, les autres communes, du social, elles en veulent pas », râle sa femme, Gabrielle. Alors, bon gré, mal gré, la ville des Ulis assume son image de « cité sensible délocalisée », même si elle a entamé sa mue dans le cadre de la rénovation urbaine, avec démolition de barres et construction de lotissements en accession à la propriété. « Après, moi, j'ai toujours peur quand je traverse certains quartiers le soir, confie Céline. On se prend des réflexions. La délinquance, ça reste un problème majeur. » « Il y a pire que Les Ulis, corrige Alain, un quinqua qui y est né. La situation géographique est privilégiée. On est quand même à deux pas de la vallée de Chevreuse ! »
« On a construit des ghettos des deux côtés » La vallée de Chevreuse, justement, reconnaissable entre toutes avec ses coeurs de ville aux rues serties de pavés encadrant la rivière Yvette, bordées de candélabres à l'ancienne. Cette matinée-là, les badauds profitent du soleil quasi estival pour profiter du parc Pelchat de Gif. Annick et sa mère ont emmené leur fils et petit-fils profiter des canards qui barbotent ici chez eux, très loin des préoccupations électorales. « Ce qui me tient le plus à coeur, ce sont les modes de garde, assure Annick. Pour trouver une place en crèche, il m'a fallu aller voir le maire... » « La délinquance reste aussi un problème, martèle Pierre, un père de famille. Moi, ça m'énerve de pas pouvoir laisser un GPS dans la voiture, ou de la retrouver le matin l'airbag en moins. » « Le plus important, c'est le logement, commente Christelle, 34 ans. J'ai grandi à Gif. Je suis propriétaire d'une maison de ville à Versailles, et je ne peux même pas revenir ici tellement c'est cher. » « C'est dommage, renchérit sa mère, Colette. Les villes du secteur deviennent des villes de vieux ou de grands bourgeois. C'est trop tard, on a construit des ghettos des deux côtés. »
Source : Le Parisien 02.06.07 - Edition 91 - Nicolas Jacquard