La dernière lettre de Guy Môquet lue aux lycéens

Publié le par Petrus

   Je ne peux que saluer ici le geste du président de la République, Nicolas Sarkozy de faire lire la lettre aux lycéens de ce jeune résistant qu'était Guy Môquet. C'est un hommage très fort envers tous eux qui se sont battus, hommes, femmes, jeunes, pour nos libertés; qui ont résisté contre les atrocités, le totalitarisme. Au delà des clivages politiques, des idéologiques il me semble important de saluer ici leur mémoire.



Nicolas Sarkozy avait évoqué de nombreuses fois son souhait de faire lire la lettre écrite par le jeune résistant communiste à ses parents avant son exécution en 1941. « Ma première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l'Education nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France » a annoncé le président de la République au cours de la cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne, le mercredi 16 mai.

« Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé » a déclaré le président Nicolas Sarkozy. « Si j'ai tenu à faire ici ma première commémoration en tant que président », a-t-il expliqué, « c'est parce que je crois qu'il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l'anonyme grandeur d'un homme qui se donne à cause plus grande que lui. (…) Que les enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelles extrémités barbares elle peut conduire » a-t-il dit.

La dernière lettre de Guy Môquet :

   "Ma petite maman chérie,

    mon tout petit frère adoré,

    mon petit papa aimé,

   Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! ...

   

 

J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

   Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

   Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage !

   Votre Guy qui vous aime

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-911007,0.html

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S
INDIGNATION DEVANT LA RECUPERATION DE LA MEMOIRE DE GUY MÔQUET PAR SARKOZYLa section du PCF Paris 15ème, comme des milliers de communistes de France, exprime son indignation devant l’opération de récupération de la mémoire de Guy Môquet à laquelle s’est livrée hier M. Sarkozy, jour de son investiture.Elle rappelle que Guy Môquet a été arrêté en octobre 1940 par la police française comme militant communiste. Il était le fils de Prosper Môquet, député communiste déchu de son mandat par les députés qui allaient voter les pleins pouvoirs à Pétain et dont un bon nombre est parvenu à rester aux affaires après 1945. Il a été fusillé par les soldats allemands à l’âge de 17 ans, avec 26 de ses camarades à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Ils avaient été désignés comme otages à exécuter par le ministre de l’intérieur de Vichy Pucheu parce qu’ils étaient communistes. Ils sont morts en criant « Vive la France ! ».Militants communistes, nous dénions formellement le droit à M. Sarkozy de s’approprier cette mémoire. Ses orientations politiques, sa conception de l’histoire sont totalement à l’opposé des idéaux patriotiques de justice sociale, d’égalité, de paix et d’amitié entre les peuples pour lesquels nos camarades sont tombés.Nous incitons nos camarades, les citoyens à exprimer publiquement leur réprobation.   « Vive le Parti communiste qui fera une France libre, forte et heureuse ! » avaient écrit ses compagnons Pourchasse, Barthélémy et Timbaud avant d’être fusillés avec Guy Môquet dont la dernière pensée fut : «  Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».
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P
Parmi les nombreuses réactions de camarades à la récupération indigne de la mémoire de Guy Môquet par N. Sarkozy:Nous reproduisons en lien celle de Patrice Carvalho, député communiste de l'Oise de 97 à 2002 et de nouveau candidat aux législatives.Le geai paré des plumes du paon.« Il est assez de geais à deux pieds comme lui,Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui. »La fable de La Fontaine aurait-elle été écrite pour Sarkozy ? Nous serions tentés de le croire, tant le portrait est saisissant.A peine intronisé, le Président de la droite décomplexée et s’affirmant comme tel s’est empressé de rendre hommage à Guy Môquet, le jeune résistant communiste de 17 ans fusillé par les nazis, le 22 octobre 1941.Geste fort associé au déplacement présidentiel à la cascade du Bois de Boulogne où furent exécutés 35 résistants.Et la dernière lettre de Guy Môquet à ses parents sera lue dans les écoles.La communication fait donc des miracles. Sarkozy réussit ainsi le tour de force d’honorer les valeurs qu’il combat.Le jeune résistant communiste symbolise l’esprit de sacrifice pour la Nation, pour la liberté, pour le combat émancipateur et progressiste.Où Sarkozy peut-il s’y retrouver ? Pour lui l’identité nationale est indexée à l’immigration. Il se plait à glorifier la colonisation et honnit la repentance.Et quelle place la Nation occupe-t-elle dans ses projets, lui qui, quittant le Bois de Boulogne, s’envole pour Berlin, afin de rencontrer la Chancelière et de remettre en selle la Constitution européenne destinée à faire le lit des Nations ?Dans l’esprit sarkozyste, la communication n’est pas destinée à éclairer l’opinion mais à brouiller les pistes, à dresser des rideaux de fumée, à donner le change, à dissimuler derrière des dorures la noirceur des intentions.     « Un paon muait : un geai prit son plumage     Puis après se l’accommoda     Puis parmi d’autres paons tout fier se panada,     Croyant être un beau personnage.     Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué,     Berné, sifflé, moqué, joué     Et par messieurs les paons plumé d’étrange sorte     Même vers ses pareils s’’étant réfugié,     Il fut par eux mis à la porte »L’illusion ne durera qu’un temps. Les actes finiront par parler d’eux-mêmes.
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A
En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60
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