Un nouveau talent apparaît dans nos colonnes et nous apporte un article de qualité sur le voyage de Ségolène au proche-Orient, mêlant comparaison et analyse. Je vous en laisse la saveur.
Le Parti Socialiste a essayé de faire croire que les critiques sur le voyage de Ségolène Royal au Proche Orient relevaient de la politique franco-française, mais cette revue de
presse anglo-saxone montre que ses faux pas ont également retenu l'attention à l'étranger (retranscription de "La France vue par la presse anglo-saxonne" - Jean-Bernard CADIER, Europe 1, 9
décembre 2006, 8h50) :
Ségolène Royal au Proche Orient a évidemment attiré l'attention de la presse anglo-saxonne, et en particulier la polémique sur les propos anti-israéliens et anti-américains du député
du Hezbollah. Pour le Times de Londres, "Ségolène Royal a trébuché". The Independant parle de sa "première tournée à l'étranger ternie par une boulette". Pour le journal anglais, la candidate
socialiste semble essentiellement avoir été victime d'une erreur de traduction. Le Daily Telegraph en revanche ne lui trouve pas d'excuse : "cette visite met sérieusement en doute sa capacité à
traiter les dossiers internationaux, sensibles et complexes".
Le Wall Street Journal parle de flop politique majeur : "Mme Royal s'est rendue au Proche Orient comme elle serait allée dans une banlieue difficile, telle une poupée de porcelaine
qui se précipite dans l'arène, incapable de faire la différence entre un taureau et un cheval".
"Après tout c'était peut être inévitable" écrit le New York Times, "le Proche Orient peut être un endroit dangereux pour les débutants en diplomatie, et son audace n'a pas réussi à
dissimuler ses gaffes". Mais le journal de New York s'intéresse surtout au fond : "Mme Royal s'est affirmée comme un soutien loyal à Israël, elle donne l'impression de vouloir se démarquer de la
ligne traditionnellement pro-arabe de la gauche française. C'est une stratégie qui pourrait se montrer contre-productive auprès de ses plus fervents supporters. Elle est encore plus
pro-israélienne que Nicolas Sarkozy", poursuit le New York Times, "et sur l'Iran, en prenant position contre tout nucléaire civile, elle s'est montrée encore plus rigide que l'administration
Bush".
Le Herald Tribune s'intéresse d'ailleurs au voyage annoncé de Ségolène Royal aux Etats-Unis et à sa possible rencontre avec Hillary Clinton. "Ségolène et Hillary, deux femmes de
gauche qui vont essayer de se faire élire, mais la comparaison ne va pas plus loin", estime John Vinocur. "La relation Ségolène/Hillary est un fantasme français, car ce qui fait la force de
Hillary Clinton, ce sont ses idées politiques, et non pas le fait qu'elle soit une femme. C'est la substance et la clarté de ses prises de position, alors que le fondement de la popularité de Mme
Royal c'est sa féminité, et ensuite son apparence de modernité. Après ses mésaventures au Proche Orient", conclut John Vinocur, "Mme Royal risque d'être accueillie par Mme Clinton avec un sourire
crispé".
Xerbias






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