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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /2007 22:01

   Je vous propose ici encore un article de Xerbias et une lecture intéressante de la position de Nicolas Sarkozy sur l'Europe.


   europe-optimisme.jpg                                                                                                                                         Le sommet européen de la semaine dernière était très attendu, après deux années d'inaction suite aux refus français et néerlandais au Traité Constitutionnel Européen. Pour que l'Union Européenne puisse se remettre en ordre de marche, il fallait pouvoir trouver une solution qui puisse dépasser ces refus. Mais ce n'était pas suffisant, car ils cachaient des oppositions bien plus fortes à la constructions européennes, qui n'avaient pas été énoncées explicitement. Ainsi, plusieurs pays avaient prévu d'organiser des référendums sur le TCE, mais ayant bien peu de chance d'aboutir à une approbation, ils en ont profité pour les annuler en attendant que la question se résolve d'elle même. Il fallait donc bien trouver quelque chose, et ce n'était pas possible tant que la France n'aurait pas clarifié sa position. Lors de l'élection présidentielle française, chaque candidat fut interrogé sur ses vues relatives à la construction européenne. Nicolas Sarkozy avait explicitement annoncé son plan d'action : renoncer à adopter une Constitution, suite au clair refus français, et se concentrer sur le point qui n'avait pas fait débat en 2005, c'est-à-dire les institutions. C'est le "mini traité", ou traité simplifié, qui vise à réviser les anciens traités sur la base de
l'ancienne partie I du TCE. Par son élection claire à la Présidence de la République française, Nicolas Sarkozy avait un mandat fort pour agir sur cette base.

   Comme il l'avait annoncé, le jour même de son entrée en fonction il a commencé à discuter avec les autres dirigeants européens de cette possibilité de relancer l'Union Européenne. La Chancelière allemande Angela Merkel disposait d'un poids politique suffisant pour entreprendre des négociations quant à cette relance, mais elle devait attendre l'élection française pour pouvoir commencer à parler sérieusement. En l'occurrence, la disparition de l'ambition constitutionnelle et la proposition du nouveau Président français ont convaincu les autres capitales qu'une issue de crise était possible. Dès lors l'obstacle devenait justement ces pays qui avaient évité les référendums qu'ils avaient promis à leur population.

   Même si la France en a profité pour supprimer la concurrence comme objectif de l'Union Européenne, ce ne fut rien par rapport aux demandes de renégociation venant de la Grande-Bretagne et de la Pologne. Cette dernière a eu une attitude particulièrement choquante, développant une germanophobie absurde. La Pologne ne tient pas compte du fait que l'Union Européenne a justement été faite pour qu'il y ait une paix durable entre pays qui s'étaient autrefois combattu, et prend toujours l'Allemagne pour une puissance odieuse visant à la conquérir. D'une manière générale, il faut bien avouer que chacun est venu dans ce sommet pour défendre ses intérêts nationaux, s'éloignant ainsi de l'idéal européen. C'est de cette façon que le Royaume Uni a réussi à obtenir de ne pas être soumis à la Charte des droits fondamentaux, et la Pologne de faire commencer le système de vote à la double majorité qu'à partir de 2014.

   En dépit de ces concessions grotesques pour ce qu'elles expriment, l'essentiel des nouvelles institutions est néanmoins sauvé. Si ces négociations furent très difficiles, l'issue heureuse est à mettre au crédit d'un moteur franco-allemand retrouvé, grâce à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Ils étaient sur la même ligne face à la Pologne, et ont réussi à vaincre leurs objections quitte à jouer au bon flic et au mauvais flic avec les jumeaux polonais. Il faudra évidemment surveiller la poursuite de la rédaction du texte final, et la ratification du Traité, mais l'on peut d'ores et déjà se réjouir de deux choses : depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, la France est de retour dans les enjeux européens, et la construction européenne est relancée, après deux années d'interruption déplorables.

Par Durandal - Publié dans : Politique nationale
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