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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /2007 21:23

    Pendant la campagne présidentielle, François Bayrou a voulu jouer la carte du "ni gauche, ni droite", en se revendiquant comme étant au centre. Il a ainsi voulu personnifier le centrisme, en décrivant ses adversaires comme forcément trop à droite ou trop à gauche. Sa volonté de se poser comme une alternative aux clivages politiques traditionnels a rencontré un succès certain. Pourtant, son analyse reposait sur une base faussée, dans la mesure où il a volontairement oublié que tous les centristes n'étaient pas derrière lui. Cette posture était même assez officielle étant donné que de très nombreux centristes soutenaient en fait Nicolas Sarkozy. En effet, la création de l'UMP a permis de rassembler la droite gaulliste avec les libéraux et les centristes. En 2002, la majorité des députés de l'UDF avaient souhaité appartenir à l'UMP, et tous s'étaient déjà fait élire en se positionnant comme faisant partie de la majorité. Vers la fin de ce quinquennat, François Bayrou a compris que pour avoir des chances à la présidentielle, il lui fallait être vu comme un opposant au gouvernement sortant. Il a ainsi pris ses distances avec l'UMP pour des raisons tactiques. Mais le reste des centristes continuaient de travailler au sein de la majorité présidentielle. C'était le cas pour celle de Jacques Chirac, ce le sera aussi pour celle de Nicolas Sarkozy.

   Que ce soient les chrétiens démocrates, tels que Pierre Méhaignerie, ou les radicaux, comme Jean-Louis Borloo, les centristes ont eu des postes influents depuis cinq ans. Et si Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à se déclarer comme étant à droite, il n'en a pas moins souhaité avoir une majorité large, où les centristes, qu'ils appartiennent à l'UMP ou non. D'ailleurs, 22 des députés membres de l'UDF ont souhaité participer à la majorité de Nicolas Sarkozy, plutôt que de se complaire dans une confortable opposition stratégique. Car lorsque l'heure vient de mettre en application ses idées, il faut avoir le courage de se confronter à la réalité, et non pas regarder les choses de loin en déclarant qu'on aurait pu faire mieux. En l'occurrence, les idées centristes sont compatibles avec celles de droites. Tous se retrouvent sur la nécessité d'une économie perfomante, d'une gestion de l'Etat rigoureuse, sur une véritable ambition vis-à-vis de la construction européenne et sur la préservation de la laïcité. Alors que François Bayrou travaille à construire son propre culte, les centristes qui veulent faire avancer la France travaillent à la mise en oeuvre des politiques qui amélioreront la situation de la France, au sein de la majorité présidentielle.

Par Durandal - Publié dans : Politique nationale
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